"BIENVENUE AU ROYAUME DU PISSE-FROID INCULTE QUI EST AU CINEMA CE QUE PHILIPPE MANOEUVRE EST AU ROCK" (© Trollman)

Top 5 du moment :

A serious man Crazy heart Eastern plays I love you Phillip Morris Shutter island

concours Red riding trilogy

WALL-E

L'an dernier, l'univers tout entier s'extasiait devant les aventures incroyables (hum), hilarantes (hum) et touchantes (hum) d'un rat parisien devenu roi de la cuisine. Pixar avait à nouveau réussi son pari : faire briller les yeux des gens, ébahis par un sens révolutionnaire de la morale (hum) et un savoir-faire technique irréprochable (du genre "waow, c'est dingue, les poils on dirait des vrais"). Ne manquait qu'un peu d'humanité, de matière, d'esprit pour faire un vrai film capable de ne pas toucher que les milliards d'ados attardés dont l'angélisme pollue un peu trop notre planète. Arrive Wall-E, petit robot ménager ressemblant d'assez près à son vieil oncle Johnny 5, et dernier locataire d'une Terre étonnamment vidée de sa population. De quoi s'attendre à un nouveau feu d'artifice technique (du genre "waow, les boulons, on dirait des vrais") et à une morale aussi belle que rebelle, nageant quelque part entre l'insupportable Yann Arthus-Bertrand et le lourdaud Nicolas Hulot.
L'erreur, c'est que Wall-E n'est pas un film d'animation. C'est un film tout court, qui s'assume en tant que tel, et a le courage de ne plus se planquer derrière la beauté de ses images et l'universalité de son message bien coloré. Scénariste et réalisateur du film, Andrew Stanton y révèle un talent bien plus profond que celui de simple animateur de bonshommes et de robots. Son oeuvre convoque Arthur C. Clarke, Jacques Tati, Stanley Kubrick et Andrei Tarkovski. Wall-E est un film visionnaire, en toute humilité, et va bien au-delà de ce que même les fans les plus extrémistes pouvaient attendre d'un Pixar.
Deux parties : largement reprise dans l'assommante campagne promotionnelle, la première se déroule donc sur Terre, avec ce petit Wall-E qui tue le temps en rangeant la planète et en collectant les objets insolites qu'il trouve sur son passage. Seul compagnon : une sauterelle. Pas besoin d'être Einstein pour comprendre que tout le début du film est muet, sauf à considérer les trois mots prononcés par le héros d'acier avec sa voix électronique. Comme dans un Je suis une légende version drôle, on suit Wall-E au gré de ses micro-aventures burlesques, chaplinesques, d'une naïveté confondante qui provoque à la fois des crises de rire et une intense émotion. On aura rarement vu autant de nostalgie que dans les yeux de ce petit être si sensible alors qu'il aurait dû être inanimé et complètement froid. À vrai dire, on passerait bien une heure et demie avec lui, à trier des déchets et à engranger les souvenirs d'un temps où les humains vivaient dans le bonheur (ou dans son illusion). Mais voilà qu'arrive Eve, robot femme, glacée et aux réactions épidermiques, qui vient ravager le coeur de Wall-E et tenter d'accomplir une mission mystère sur la Terre. Toujours aussi muet que le début (peu d'autres mots que "Wall-E" et "Eve" sont prononcés), ce chapitre annonce la mutation d'un film toujours plus inattendu. À l'anticipation se mêle une romance intense et compliquée, proprement bouleversante, qui va nous mener imperceptiblement vers la deuxième moitié de ce Wall-E qui nous a déjà conquis depuis fort longtemps.
Seulement voilà : comment faire plus beau et plus fort que cette première partie parfaite mais humaine ? Comment ne pas rompre cette magie, puisque d'autres personnages et d'autres enjeux vont forcément apparaître ? La réponse d'Andrew Stanton est fort simple : il suffit d'avoir un talent monstre et un regard affûté. Cette bifurcation, qu'il faut absolument découvrir par soi-même, apporte la preuve irréfutable du caractère visionnaire de cette oeuvre. La vision du futur est glaçante et crédible, très poussée mais pas caricaturale. Dans ces nouveaux décors, Wall-E et Eve vont se débattre et tenter d'arriver à leurs fins, à travers une nouvelle montée en puissance étourdissante et irrésistible. L'ambition de Pixar et de Stanton a été revue à la hausse : Wall-E n'est clairement pas un film pour les enfants. Certes, ils apprécieront les gags les plus accessibles (Wall-E qui se casse la figure, Wall-E qui joue au jokari...) et les quelques courses-poursuites qui jalonnent cette deuxième partie, mais le propos et le génie de l'ensemble leur échapperont complètement. D'autant qu'en cohérence avec les thèmes abordés, le film refuse l'obsession de l'exploitation commerciale, refusant d'aligner des hordes de personnages secondaires gaffeurs clairement identifiés, avec chacun son nom et sa personnalité. Poursuivant un objectif plus marqué et plus haut placé, Stanton ne s'attarde pas sur ce genre de vignettes qui rendent les films amusants mais les détournent de leur voie.
Il est impossible d'en raconter davantage sur la construction dramatique du film, mais Wall-E atteint en tout cas de vrais sommets dans sa description de l'univers et de ce que nous en avons fait. Il y a bien une morale, mais celle-ci n'est pas martelée façon Disney. Tant pis pour la répétition : Wall-E n'est pas un film d'animation, c'est un film tout court. Une brillante oeuvre de SF qui mêle à son ingrédient de départ un sérieux soupçon de romance et un gros bloc de tragicomique. Mise en scène admirable et inventive, refus des concessions : Wall-E est capable de séduire un public exigeant, qui fait habituellement la moue devant les produits animés. Les marmots, eux, seront peut-être moins conquis. Pas grave : il suffira, en rentrant à la maison, de les coller devant le poste et de leur mettre pour la 217ème fois une gentille connerie façon Cars ou Le monde de Nemo, et ils auront totalement oublié ce très grand film bien trop intelligent pour eux.
9/10

5 commentaire(s):

Pascale (15/7/08 09:24) a dit…

Waaaaaaaalll-Eeeeeeeeeeeeee !!!
ou comment tomber raide dingue d'une boîte en ferraille !!!
J'ai hâte de le RE-voir !

P.S. : j'avais pas aimé Ratacouille moi !

Bon, excuse moi, c'est pas que je m'ennuie, mais j'ai un code à taper moi monsieur...

Oublie qu'il reste deux films à trouver. j'ai mis des indices !

Grille (25/7/08 02:18) a dit…

Fan de Wall-e itou.
Je tente de retourver le nom sibref du petit robot nettoyeur ...
Qui s'en souvent ?
Ode

Rob Gordon (27/7/08 08:29) a dit…

Va donc voir par ici .

Grille (27/7/08 12:20) a dit…

Merci du message avec le nom de MO ...
Ode

Benjamin F (5/8/08 14:38) a dit…

9/10 pour la première partie, chef d'oeuvre de SF
4/10 pour la deuxième qui malgré ses bonnes intentions reste du Pixar plus classique.
Soit une moyenne de 6,5/10
A+
Benjamin
www.playlistsociety.fr

 

Guide Cinéma Paris

View blog authority

Blog TV - Cinéma

Add to Technorati FavoritesAnnuaire cinemareferencement gratuit Critiques

annuaire de blogsGuides Blog cinéma over-blog.com Découvre de bons blogs Real Time Web Analytics

Clicky

Informations & Mentions légales


Présentation
Lancé en juin 2005 et vu comme un aide-mémoire destiné avant tout à m'éviter de tout oublier, Rob Gordon a toujours raison - dont le titre n'est pas à prendre au pied de la lettre - est un blog qui assume son côté parfois snob, élitiste ou mauvais esprit mais évolue toujours dans la sincérité la plus totale.

Rob Gordon
Sous le pseudonyme emprunté à Nick Hornby se cache Thomas Messias (profil Facebook), jeune prof de maths (eh ouais) né en 1984, écrivant également pour le site Écran Large à ses heures perdues et figurant au tableau des étoiles du site. Ni auteur ni cinéaste en herbe ni rien d'autre, je suis si peu créatif que je ne fais que critiquer le travail des autres.

Partenariats
À l'heure du web 2.0, les blogueurs sont de plus en plus sollicités pour toutes sortes d'évènements et de partenariats. N'hésitez pas à me contacter à cette adresse : rob@toujoursraison.com. En gardant cependant une chose à l'esprit : ce blog n'a aucune aspiration commerciale, et aucune activité à but lucratif ne saurait être mise en valeur ici. Ce qui ne concerne pas les jeux-concours, qui font certes un peu de promotion pour le film en question, mais sont là avant tout pour récompenser mes visiteurs.

Mentions légales
Le site Rob Gordon a toujours raison et l'ensemble de son contenu, y compris les textes, images, bases de données, programmes sont protégés par le droit d'auteur.
L'utilisateur a un droit d'usage privé, non collectif et non exclusif, sur les contenus du site.
Toute rediffusion, reproduction, résumé, quelle qu'en soit la forme, sont explicitement interdits si un accord n'a pas été obtenu. Cela inclut tout texte, image, information ou titre publiés sur toujoursraison.com.
Pour toute question concernant les droits de reproduction ou d'utilisation de toujoursraison.com, vous pouvez écrire à rob@toujoursraison.com.

Rob Gordon a toujours raison d'après © 2009 FreshBrown par Simran