13 mai 2008

LE JOURNAL D'UNE BABY-SITTER

Du tandem Shari Springer Berman - Robert Pulcini (auteurs du bédéisé American splendor), on attendait un film singulier et décalé, d'autant que les deux auteurs nous avaient laissés sans nouvelles depuis 5 ans. Passé un premier quart d'heure amusant, qui nous montre notamment les différentes catégories de populations new-yorkaises comme des vitrines de musées, il faut bien se rendre à l'évidence : bien que fort sympathique, ce Journal d'une baby-sitter n'a absolument rien d'innovant. Il s'agit d'une bête petite comédie vaguement dramatique sur les affres d'une jeune femme qui se retrouve nounou (ou "nanny") le temps de faire le point sur ce qu'elle souhaite réellement faire de sa vie. Partant de ce point de départ, Berman et Pulcini vont exactement là où on les attend : il faudra apprivoiser un petit gamin méfiant, puis lutter avec des parents trop pressés pour aimer leur fils, avant de faire triompher la bonne vieille morale selon laquelle il n'y a rien de tel que l'amour d'une mère.
Cousu de fil blanc, donc ; pourtant, ce journal reste plutôt charmant et divertissant, même si sa dernière demi-heure se traîne sacrément. Principale responsable de ce non-naufrage : une certaine Scarlett Johansson, qui nous épatera toujours de par sa facilité à faire disparaître comme elle veut son costume de bombasse pour entrer dans la peau de jeunes femmes plus simples, toujours mimi mais quasiment passe-partout. C'est la différence entre elle et une cinquantaine d'autres actrices ou prétendues actrices qui trustent chaque année les classement FHM - Beauf magazine des plus belles femmes du monde. Face à elle, Laura Linney est extrêmement convaincante en mère débordée, d'autant qu'elle n'a finalement pas grand chose à défendre (et dieu sait qu'elle peut être mauvaise lorsqu'il s'agit pour elle de foncer dans le mélo). Quant à Paul Giamatti, dans le rôle du père absent, il est réduit par définition à une série de petites apparitions assez lugubres, voire inutiles.
Un certain Indiana Jones s'apprêtant dans une semaine à prendre possession du box-office, cette semaine de sorties est l'une des moins fournies qui soient (il faut dire que l'ouverture du festival de Cannes est souvent synonyme de vaches maigres, pauvres de nous). Alors, parmi les trois "grosses" sorties de ce mercredi, Le journal d'une baby-sitter a de quoi attirer quelques spectateurs en manque de pellicule. Il y a tout de même pire comme produit de substitution.
5/10

2 commentaires sur “LE JOURNAL D'UNE BABY-SITTER”

Pascale a dit…

Pour Scarlett, c'est comme si j'y étais...

Il faut supprimer tous les mots en "asse" de votre vocabulaire monsieur.
Merci.

Rob Gordon a dit…

Le vrai patronyme de Rob Gordon se termine par ce son. J'ai donc subi des railleries de la part de mes camarades lors de toute mon enfance. Alors je mets des asse où je veux. Na.

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz