9 mai 2008

BATAILLE À SEATTLE

Certains films ont vraiment tout pour eux : un buzz assez favorable, un casting long comme le bras, un côté "indépendant mais pas trop", et un sujet susceptible d'ouvrir un peu les consciences. Et il s'en faut finalement de peu pour que Bataille à Seattle ne tienne son rang, puisque Stuart Townsend (excellent acteur de Shooting fish et Mauvaise passe, et monsieur Charlize Theron à la ville, le salaud) se donne corps et âme pour réussir son film. Sa mise en scène est d'ailleurs assez convaincante, malgré quelques envolées lyriques et musicales un peu de trop.
Non, l'immense défaut de Bataille à Seattle, c'est l'écriture des personnages. Tant pis si c'est un terme un peu fourre-tout, mais Townsend (également scénariste) livre un film choral autour de cet évènement qui fait un peu penser, du moins au départ, à l'argument de Bloody sunday (des manifs pacifistes tournent au vinaigre). Le problème, c'est que l'évolution et la psychologie des personnages sont si sommaires et stéréotypées que l'on n'y croit jamais vraiment, malgré la sincérité évidente d'un film qui ne demande qu'à être aimé. Ainsi donc, la journaliste cynique va soudainement découvrir qu'elle a un coeur, le gentil CRS va péter un plomb, la femme enceinte va ... (complétez vous-même : que se passe-t-il pour 90% des femmes enceintes, dans les drames à tendance sordide ?)
Ces trajectoires prévisibles, ainsi qu'un ton parfois trop candide, font clairement passer Bataille à Seattle à côté de sa cible. C'est d'autant plus regrettable que, s'il semble à l'aise derrière la caméra, Townsend est également un très bon directeur d'acteurs, tirant le meilleur d'un casting de comédiens potentiellement bons mais pas toujours bien exploités (de Michelle Rodriguez à Ray Liotta). Même s'ils ne peuvent pas faire grand chose pour faire disparaître les clichés qui règnent en maître sur le film, il lui donnent un caractère irrémédiablement attachant, qui donne envie de suivre de très près la suite de la carrière d'un metteur en scène qui gagnerait à se trouver des coscénaristes.
4/10

5 commentaires sur “BATAILLE À SEATTLE”

Pascale a dit…

Le film choral est complètement raté... Aaaaah les deux tourtereaux qui se retrouvent cellule contre cellule en prison et peuvent se tenir la main !!!
Il est gentil Stuart !
Mais la sincérité de l'ensemble emporte quand même le tout.

Rob Gordon a dit…

J'en ai un peu marre qu'on soit toujours d'accord.
Comment je fais pour rester crédible, moi ?



(sans rancune, hein ?)

Pascale a dit…

Ben on n'est pas trop d'accord sur le Grand Alibi (j'ai somnolé), la Zona (j'ai adoré), Juno (j'ai détesté), Les Randonneurs (j'ai exécré)...

Pour être crédible faut pas être d'accord les uns avec les autres ??? T'es zarbi toi ! Non, t'es jeune... Mouarf... je sens que celle là, elle va pas passer.

(sans rancune, hein ?)

Rob Gordon a dit…

Je n'aime pas les consensus.
Un film n'existe que dans le désaccord qu'il provoque.
Mais je ne fais jamais exprès de ne pas être d'accord avec les autres. Sauf pour les faire enrager pendant un bon quart d'heure.

Et puis je suis pas jeune, d'abord. C'est même pas vrai.

Pascale a dit…

Et ben tu vas pouvoir te détendre...
Lire : "un film n'existe que dans le désaccord qu'il provoque"... me fait voir rouge.
Heureusement que non.
Un film existe malgré et bien au-delà de ça ! Enfin, en ce qui me concerne, je n'ai besoin de l'avis de personne en harley davidson et pour qu'un film existe à mes yeux et c'est bien l'essentiel.
File dans ta chambre !

 
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