6 mai 2008

ANDALUCIA

Yacine est un type complètement décalé, pouvant sembler hors la vie alors qu'il est en plein dedans. Yacine refuse les attaches, malmène les codes, réinvente sans cesse son propre bonheur. Yacine, c'est LE personnage d'Andalucia, parfaitement à l'image d'un film qui, de toute façon, ne repose que sur lui. Le cinéma d'Alain Gomis refuse toute linéarité, allant même jusqu'à renier la notion de scénario. Andalucia, c'est un panaché d'impressions et d'expressions, un empilage de jolies boîtes de conserve avec lesquelle le cinéaste joue au chamboule-tout. Un trip sans égal, qui pourra laisser sceptique mais emportera avec lui les rêveurs et les voyageurs d'intérieur.
Le film est une succession de petits moments dont la magie n'est pas toujours explicable. Des instants précieux, sous leur apparence anecdotique. Un dribble génial de Pelé. Des enfants qui peignent avec leur corps. Le visage d'une acrobate. Et un voyage à Tolède. Gomis ne nous dit pas comment apprécier ces images-là, nous les présentant de la façon la plus simple qui soit, pour nous laisser faire notre propre travail de digestion. Et c'est souvent beau. D'autant qu'à travers ces fragments, il dresse le portrait de ce formidable Yacine, ce que l'on peut appeler avec sens un personnage. Même s'il cède çà et là à la facilité ou s'il relâche un peu trop son emprise en milieu de métrage, Andalucia séduit, nous emportant une dernière fois au gré d'un périple espagnol beau à se damner.
7/10

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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