30 avr. 2008

15 ANS ET DEMI

Pour leur premier film sans Michaël Youn, Thomas Sorriaux et François Desagnat se sont lancés dans un pari pas trop compliqué : la comédie père-fille, dont un ancêtre pourrait être La boum et un petit frère le récent Tel père, telle fille. 15 ans et demi trouve parfaitement sa place entre les deux, même si ce n'est pas l'originalité qui l'étouffe.
Desagnat et Sorriaux mettent en scène les retrouvailles d'un célèbres biochimiste, provisoirement revenu de Boston où il a fait sa vie, et de sa fille de quinze ans (le "et demi" sert surtout à faire sonner un peu le titre, qui remplace le Ma fille a quinze ans d'origine). On connaît la suite : les habitudes de l'ado sont perturbées par l'irruption de ce père trop souvent absent, les clashs se multiplient jusqu'à la rupture, avant qu'enfin l'harmonie se fasse et que tout le monde rattrape le temps perdu. L'intérêt d'un tel film ne réside évidemment pas dans les rebonds prévisibles de son scénario, mais davantage dans le traitement et l'interprétation. Et si le résultat est à moitié convaincant, c'est justement parce que ces deux points sont loin d'être parfaits. Certaines idées, comme la matérialisation d'Albert Einstein en ami imaginaire du personnage d'Auteuil, sont assez vaseuses : cela se traduit à l'image par un paquet de scènes complètement nazes, rendues encore plus désastreuses par la prestation pathétiquissime de François Berléand. Et bien qu'un peu plus agréables, les vignettes dans lesquelles le papa dépassé s'imagine en héros de cinéma (de Barry Lyndon à James Stewart) manquent souvent leur cible.
Heureusement, il y a Auteuil, qui avait rarement été aussi juste dans la comédie (seules quelques scènes, comme celles de l'électrocution, ne peuvent même pas être sauvées par sa prestation). Et cette charmante Juliette Lamboley, très mimi et assez convaincante, même si trop lisse pour arriver à la cheville d'une certaine Juno. Et un François Damiens assez savoureux, même si moins belge (et donc moins drôle) que d'habitude. En revanche, comme Berléand, Julie Ferrier et Alain Chabat passent totalement à côté de leurs personnages et donnent l'impression de vivre un grand moment de solitude. Forcément, pour un film dont la sympathie doit être le principal atout, c'est un peu moche. Heureusement, le film a tendance à se bonifier au fur et à mesure, à tel point que l'on finit par se prendre gentiment au jeu et par oublier cette mise en scène d'une laideur sans nom. Cela survenant un peu trop tard, 15 ans et demi restera comme l'un de ces films qui se terminent là où on aurait adoré qu'ils commencent.
5/10

4 commentaires sur “15 ANS ET DEMI”

Pascale a dit…

Mais arrête de citer "Juno" (sale petit film aux allures faussement aimables) comme une référence ou je ne mets plus jamais les doigts dans ce blog !

Pascale a dit…

Fais moi rire, vas voir "Deux jours à tuer"... grand moment de solitude !!!
Je parie que tu mettrais - 3. DU négatif, ça s'est jamais vu ?

Rob Gordon a dit…

Jamais. Et pourtant, ils le mériteraient, les salauds.
"Arrête de m'aimer", réplique figurant dans la B-A de 2 jours à tuer, m'a déjà donné une bonne idée de ce nouveau Becker, ce cinéaste Saint-Morêt que je déteste tant. Et comme Dupontel m'insupporte de plus en plus, c'est clair que ça sent la grosse grosse purge.
J'y vaus lundi au plus tard.

Pascale a dit…

Si ce n'était qu'une grosse purge... c'est d'une malhonnêteté sans nom. Ses films "saint Morêt" ne puaient pas autant le maroille je trouve !
Enfin bon, je ne voudrais pas t'influencer !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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