"BIENVENUE AU ROYAUME DU PISSE-FROID INCULTE QUI EST AU CINEMA CE QUE PHILIPPE MANOEUVRE EST AU ROCK" (© Trollman)

Top 5 du moment :

A serious man Crazy heart Eastern plays I love you Phillip Morris Shutter island

concours Red riding trilogy

L'ORPHELINAT

Il faut avoir de sacrées corones pour oser encore s'attaquer au cinéma fantastique espagnol sans craindre de sembler tout ridicule à côté de Jaume Balagueró et Alejandro Amenábar. Juan Antonio Bayona s'y est risqué... et c'est un pur bonheur. Encore une histoire de maison hantée et d'enfants maléfiques ? Oui. Et non. Sans prétendre révolutionner le genre, Bayona revisite des thèmes d'un classicisme absolu et parvient finalement à les réinventer, principalement de par la force de sa mise en scène, fluide et baroque, contenue donc tétanisante. Ambitieux mais pas orgueilleux, L'orphelinat n'entend pas démontrer une quelconque supériorité par rapport aux films du même type, juste proposer une (très) bonne histoire, flanquer les chocottes à qui voudra bien se prêter au jeu, et rendre hommage à des cinéastes tels que Polanski (référence absolue de Bayona), Argento ou del Toro (ici producteur).
Cela débute donc comme un bon milliard d'autres films horrifiques et souvent horrifiants : un orphelinat abandonné, de nouveaux propriétaires, une menace sourde qui rôde... Respectueux de codes qu'il affectionnait lorsqu'il n'était que spectateur, le metteur en scène met en place son film avec un vrai respect des conventions, tout en apposant sa propre patte à l'ensemble. Le plus délicieux dans tout ça, c'est la terrible lenteur de la montée en tension. Ce n'est qu'assez tard dans le film que la peur, la vraie, succèdera aux petites craintes. Le plaisir est de tous les plans, chaque idée de mise en scène résonnant un peu plus fort que la précédente (qui après ça osera encore jouer à "1 2 3 soleil" ?). Et les plus terre-à-terre d'entre nous (dont je suis) seront particulièrement séduits par ce désir de plonger dans le fantastique sans pour autant se détacher du réel. D'où une histoire parfaitement crédible, dont la conclusion est si bien troussée que l'on en oublierait presque qu'elle n'est pas tout à fait neuve.
Réservant quelques passages bien effrayants et quelques images d'un gore pour le moins efficace, L'orphelinat mêle cette bonne vieille jubilation ressentie devant n'importe quel film d'horreur pas trop mal troussé, et y ajoute un voile de spleen réaliste qui fait toute la différence. Transcendé par une actrice proprement bouleversante, le film de Bayona a tout pour provoquer la fascination d'un public assez large. Pas étonnant qu'il soit devenu le plus grand succès de l'histoire du cinéma espagnol...
9/10

3 commentaire(s):

Pascale (4/3/08 12:46) a dit…

Ahlala, j'ai toujours peur d'avoir peur au cinéma !

Rob Gordon (4/3/08 13:42) a dit…

Oui mais ce n'est pas de la peur primaire, c'est plus fin que ça. Quelques sursauts, mais surtout une ambiance flippante car mêlant à l'horreur un peu de féérie et beaucoup de réalisme. J'en profite pour préciser que si le film est relativement apprécié partout, je suis quand même l'un des plus enthousiastes. Beaucoup font les gros yeux quand j'affirme que c'est bien meilleur que Les autres.

Pascale (14/3/08 11:02) a dit…

ah oui ! Meilleur que "Les autres" ???

 

Guide Cinéma Paris

View blog authority

Blog TV - Cinéma

Add to Technorati FavoritesAnnuaire cinemareferencement gratuit Critiques

annuaire de blogsGuides Blog cinéma over-blog.com Découvre de bons blogs Real Time Web Analytics

Clicky

Informations & Mentions légales


Présentation
Lancé en juin 2005 et vu comme un aide-mémoire destiné avant tout à m'éviter de tout oublier, Rob Gordon a toujours raison - dont le titre n'est pas à prendre au pied de la lettre - est un blog qui assume son côté parfois snob, élitiste ou mauvais esprit mais évolue toujours dans la sincérité la plus totale.

Rob Gordon
Sous le pseudonyme emprunté à Nick Hornby se cache Thomas Messias (profil Facebook), jeune prof de maths (eh ouais) né en 1984, écrivant également pour le site Écran Large à ses heures perdues et figurant au tableau des étoiles du site. Ni auteur ni cinéaste en herbe ni rien d'autre, je suis si peu créatif que je ne fais que critiquer le travail des autres.

Partenariats
À l'heure du web 2.0, les blogueurs sont de plus en plus sollicités pour toutes sortes d'évènements et de partenariats. N'hésitez pas à me contacter à cette adresse : rob@toujoursraison.com. En gardant cependant une chose à l'esprit : ce blog n'a aucune aspiration commerciale, et aucune activité à but lucratif ne saurait être mise en valeur ici. Ce qui ne concerne pas les jeux-concours, qui font certes un peu de promotion pour le film en question, mais sont là avant tout pour récompenser mes visiteurs.

Mentions légales
Le site Rob Gordon a toujours raison et l'ensemble de son contenu, y compris les textes, images, bases de données, programmes sont protégés par le droit d'auteur.
L'utilisateur a un droit d'usage privé, non collectif et non exclusif, sur les contenus du site.
Toute rediffusion, reproduction, résumé, quelle qu'en soit la forme, sont explicitement interdits si un accord n'a pas été obtenu. Cela inclut tout texte, image, information ou titre publiés sur toujoursraison.com.
Pour toute question concernant les droits de reproduction ou d'utilisation de toujoursraison.com, vous pouvez écrire à rob@toujoursraison.com.

Rob Gordon a toujours raison d'après © 2009 FreshBrown par Simran