10 nov. 2007

DARLING

Retracer le parcours d'une victime de la vie sans tomber dans le pathos : tel était le défi de Christine Carrière, réalisatrice rare et discrète (3 longs en 13 ans). Pourtant, l'existence de Darling est si pleine de malheur que le pari semblait difficile à relever. Carrière s'en sort plutôt bien, en restant juste assez à distance pour qu'on se sent un minimum concerné par le film sans nager sous des hectolitres de guimauve.
Méprisée par ses parents, perdant deux frères à l'adolescente, s'amourachant d'un type imbuvable et violent, Darling continue à croire qu'il y a une porte de sortie. Parfaitement servi par le ton très Calimero de Marina Foïs, son monologue plus ou moins intérieur est parfois drôle et poétique. Il faut bien avouer cependant que l'agacement va croissant, lorsque l'on réalise que la Darling en question, en plus d'être malchanceuse, tend à se complaire dans son statut de victime. On connaît tous des gens qui nous disent être la cible de tous les malheurs du monde et qui s'épanchent tellement sur notre épaule que l'on finit par comprendre qu'ils se sont créés un personnage pour avoir l'imrpession d'exister. C'est un peu ça, Darling : un mille-feuilles d'éléments malheureux, que le traitement de Carrière (pas tout à fait aussi lunaire que dans le mignon Qui plume la lune ?) ne parvient pas suffisamment à alléger.
En fait, c'est sans doute son étiquette "histoire vraie" qui sauve le film : il contraint le spectateur à rester impliqué et à éprouver un brin de compassion avec cette femme ayant réellement existé (et existant toujours, d'ailleurs). Vendu comme une fiction, le même film aurait pu susciter un rejet total, cette accumulation pathétique semblant trop grosse pour être vraie.
6/10

2 commentaires sur “DARLING”

Pascale a dit…

Ah chouette, toi non plus t'as pas d'coeur !

Rob Gordon a dit…

Pas nouveau.
Le making of est mieux que le film, et je dis pas ça parce que c'est mon cher Rémi qui l'a réalisé (au passage : "hey, man, Mendelson rules").

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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