21 nov. 2007

CE SOIR JE DORS CHEZ TOI

Il y avait une vraie curiosité à assister aux premiers pas derrière la caméra d'Olivier Baroux, l'autre moitié du duo formé avec Kad Merad. Allait-il sombrer dans la facilité à l'occasion d'une resucée de Pamela Rose ou Un ticket pour l'espace ? Ou laisser tomber les langues de belle-mère pour s'orienter vers des horizons plus graves, façon Maurice Barthélémy ? Ni l'un ni l'autre, en fait : de la comédie pure, Olivier est passé à un registre plus sentimental, qui n'oublie pas le rire. Se basant sur un argument cher aux auteurs anglais (un homme, une femme, la peur de s'engager), il monte une comédie romantique dont le héros masculin aurait parfaitement pu être incarné par Hugh Grant.
C'est justement au jeu des comparaisons que Ce soir je dors chez toi révèle ses faiblesses. Aussi bon acteur soit-il, Jean-Paul Rouve n'a ni le charme ni le flegme typiquement de son homologue britannique. Quant à l'écriture, elle manque de profondeur et d'originalité, les situations ayant souvent été déjà vues ailleurs (et en mieux). Même les instants les plus délirants (une bataille de pâtisseries ou un sombre cauchemar) semblent un peu timorés. Comme si le réalisateur refusait absolument que son film ressemble à ses activités précédentes. Au final, peu de gags et encore moins de rires, même si la pêche des acteurs suffit à rendre le spectacle agréable.
Quant au côté romantique, il ne ménage malheureusement pas plus de surprises. S'il est bien évident que les deux personnages principaux finiront par un traditionnel chabadabada, la route qui les y mène est dépourvue de vraies embûches. Ne traitant pas vraiment son sujet (la peur de l'engagement pour le mâle lambda), Baroux est obligé de composer avec quelques personnages secondaires attachants, mais hélas très très secondaires. En éditeur chevelu dont la déprime feinte devient réelle, Kad Merad s'amuse bien, et nous avec. Quant au jeune Rhiles Djarouanet, il est le petit garçon le moins cucul la praline de l'année. Mais il est malheureusement sous-exploité.
Olivier montre cependant de vrais envies de mise en scène, nous gratifiant de quelques jolis plans à l'américaine. Lui reste à se trouver des sujets plus percutants et à peaufiner son écriture, histoire d'éviter à l'avenir de nous servir une morale aussi dégoulinante que celle-ci, sa description de la vie idéale ressemblant désespérément à une publicité pour Ikea et Habitat.
5/10

1 commentaire sur “CE SOIR JE DORS CHEZ TOI”

Pascale a dit…

Non merci... rien que la bande annonce me file de l'urticaire. Les trentenaires immatures et indécis... ça suffa comme ci !

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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