29 janv. 2007

À LA RECHERCHE DU BONHEUR

On nous a si souvent bassiné avec le fameux rêve américain que le simple fait d'entendre cette expression peut suffire à donner des boutons à bien des occidentaux. D'ailleurs, c'est quoi, le rêve américain? Une réussite éclatante, une femme aux dents blanches et un coupé sport? Chris Gardner se contenterait volontiers de moins que ça : l'assurance de pouvoir fournir un toit, une éducation et de quoi manger à son fils Christopher le combleraient de joie. Seulement voilà : la vie est impitoyable, et une succession de coups durs contraignent les Gardner père et fils à vivre dehors, de foyer en foyer. Dans de telles conditions, difficile de rebondir. Pourtant, parce que la recherche du bonheur est un droit inscrit dans la constitution américaine, Chris va tout faire pour assurer à son môme un avenir meilleur.
Un tel résumé fait craindre le pire : et si À la recherche du bonheur était un drame racoleur, stéréotypé et tire-larmes? Il est vrai que faire interpréter un sujet de type par l'un des acteurs les mieux payés de Hollywood était un challenge risqué. Pourtant, étrangement, À la recherche du bonheur émeut et séduit. Pour son premier film américain, l'Italien Gabriele Muccino fait preuve d'une rare délicatesse pour capter le quotidien difficile de nos deux héros. Lorsque ceux-ci sont par exemple contraints de passer la nuit dans des toilettes publiques pour ne pas mourir de froid, sa caméra se fait discrète et pudique pour éviter tout sensationnalisme. Et si les étapes qui mènent Chris Gardner vers un avenir plus radieux sont cousues de fil blanc, cela ne s'explique pas, mais on marche à plein tube. Mieux, Muccino parvient à insuffler un véritable suspense avec trois fois rien (voir la scène du Rubik's Cube, très révélatrice de l'esprit du film).
Mais À la recherche du bonheur doit également beaucoup à la famille Smith. Il y a d'abord Will, excellent dans son premier vrai rôle d'adulte, et qui, contrairement à nos craintes légitimes, ne joue pas ce rôle pour se donner bonne conscience. Il révèle un vrai potentiel d'acteur dramatique (sa prestation dans Ali, certes fascinante, devait beaucoup à sa transformation physique et ne permettait pas de livrer un avis définitif). Et puis il y a Jaden Christopher, haut comme trois pommes, gueule d'ange, et un naturel à toute épreuve. La complicité entre les Smith père et fils est incontestable et est à l'origine de la réussite mineure mais réelle de ce joli film excessivement optimiste mais franchement bouleversant.
7/10

1 commentaire sur “À LA RECHERCHE DU BONHEUR”

Anderton a dit…

Ah les mélos... y en a des bons et ce sont les pires : on renifle, on a les yeux qui piquent, bref, on est obligé d'expliquer à sa voisine qu'on a la grippe ! Sinon y a un truc marrant à propos de l'affiche de ce film :
http://blogywoodland.blogspot.com/2007/02/la-recherche-du-bonheur-sans-faute.html

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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